Intervention de Horst Reichenbach
Horst Reichenbach
Directeur General de la DG XXIV
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureux d'être parmi vous pour cette deuxième
réunion consacrée au dialogue transatlantique des consommateurs,
le TACD. Mes collègues m'ont informé de la teneur de vos
discussions de ces deux journées; je dois dire que je suis très
impressionné par l'ampleur des questions que vous avez examinées
et par le degré de détail des débats.
J'ai assisté à votre première réunion,
en septembre dernier à Washington. Je me souviens des difficultés
qui ont marqué la naissance du TACD. Mais à présent,
il me semble que les deux parties, après ces débuts difficiles,
voient quels sont les avantages de travailler ensemble. À la DG XXIV,
nous avons tenu à faire entendre la voix des consommateurs à
côté de celles qui s'exprimaient déjà dans
le cadre du dialogue commercial transatlantique, le TABD; c'est pourquoi
je vous remercie, vous:
- les associations de consommateurs européennes
- l'American Consumer Organisation, et
- Consumer International,
d'avoir saisi cette occasion et de l'avoir traduite en actions concrètes.
Je me rends compte que pour en arriver là, il a parfois fallu,
notamment du côté des Etats-Unis (à en juger d'après
mon expérience de septembre dernier), des efforts particuliers
et une volonté de faire des compromis au sens noble du terme. J'espère
que, désormais, vous êtes convaincus que ces efforts en valaient
la peine et que les avantages considérables que présente
le processus de dialogue commencent à se faire jour.
Depuis notre réunion de septembre, la Commission a adopté
un plan d'action triennal concernant la politique des consommateurs. Le
premier pilier de notre propre mission vise à permettre aux consommateurs
de s'exprimer d'une voix plus puissante; nous avons souligné la
dimension internationale de cet aspect et le rôle important qu'y
joue le TACD. Notre plan d'action a reçu un appui très encourageant
de la part des autres Institutions, le Parlement européen et le
Conseil, où tous les Etats membres ont apprécié le
caractère équilibré et réaliste de nos ambitions.
Je suis tout particulièrement heureux que vous ayez choisi,
pour ce deuxième dialogue, deux sujets qui figurent parmi les premières
priorités de notre plan d'action - j'ai nommé la sûreté
alimentaire et le commerce électronique. Vous avez décidé
de créer trois groupes de travail pour examiner des domaines dans
lesquels les administrations publiques, tant aux Etats-Unis qu'en Europe,
mènent un travail actif d'élaboration politique.
A l'évidence, le renforcement de la voix des consommateurs et
les résultats de ces deux journées de travail ne marqueront
pas la fin du processus. Au contraire, ces résultats devraient
à présent apporter une contribution significative au processus
d'élaboration politique. Pour qu'il en soit ainsi, il est important
que les travaux du TACD conduisent à une réaction claire
des autorités européennes et américaines. Je ne peux
vous promettre que la Commission européenne partagera toutes vos
analyses ou approuvera toutes vos recommandations. Ce dont je peux vous
assurer, en revanche, c'est que la DG XXIV les diffusera et les fera
siennes, dans toute la mesure du possible, pour les intégrer dans
ses propres politiques. En outre, nous coopérerons avec nos collègues
américains afin que soient mises en place, dans le cadre du partenariat
économique transatlantique, des procédures garantissant
l'examen de vos travaux par les deux administrations ainsi qu'une réaction
de notre part.
En ce qui concerne vos méthodes de travail, je vous engage à
formuler des recommandations qui appuient concrètement vos positions.
Je ne pense pas qu'une coopération un peu vague serait suffisante,
ni qu'une réunion sympathique et agréable tous les six mois
suffirait à faire entendre la voix des consommateurs des deux côtés
de l'Atlantique.
C'est pourquoi je crois - et je le répète - que les rapports
que vous avez rédigés et les recommandations que vous avez
énoncées constituent des travaux très positifs, qui
seront vraiment très utiles à tous les intéressés.
A présent, permettez-moi de commenter certaines de vos recommandations.
Je commencerai par le principe de précaution. Je crois comprendre
que ce principe a fait l'objet d'un examen tant dans le groupe sur la
sûreté alimentaire qu'au sein de celui chargé du nouvel
agenda transatlantique.
Il est bon que ces groupes aient examiné ce principe, car ils
s'occupent tous deux de questions sanitaires et commerciales importantes.
Je suis tout à fait d'accord avec votre recommandation selon laquelle
le principe de précaution doit s'appliquer lorsque les données
scientifiques disponibles sont insuffisantes pour arrêter un niveau
de protection. Je partage également l'idée qu'il faut mener
une réflexion pour déterminer sur qui doit reposer la charge
de la preuve de la sûreté des produits.
Nous sommes conscients que ce principe risque d'être utilisé,
dans certains cas, pour faire obstacle aux échanges. Là
n'est certes pas notre intention, au contraire : nous connaissons
les avantages du libre échange pour les consommateurs. Aussi les
services de la Commission sont-ils en train d'élaborer une communication
sur ce sujet. Ce texte définira, au travers de lignes directrices,
les conditions d'utilisation du principe de précaution dans la
gestion des risques. Lors de la réunion du Codex qui s'est tenue
cette semaine, la Commission et les Etats membres ont appuyé l'instauration
du principe de précaution et l'élaboration de lignes directrices
concernant son application; je suis déçu qu'à cette
même réunion, les Etats-Unis n'aient pas montré le
même soutien.
Vous souhaitez également la mise en place d'une législation
qui rendrait obligatoires l'évaluation et l'agrément des
denrées alimentaires génétiquement modifiées
ainsi que l'information du consommateur. Au sein de l'Union, ces préoccupations
ont déjà été prises en compte dans une certaine
mesure. Tous les OGM sont obligatoirement soumis à une évaluation
de leur sécurité ; cette évaluation sera même
améliorée par suite de la révision, actuellement
en cours, de la directive relative à la dissémination volontaire.
La Commission a déjà tenu compte des préoccupations
des consommateurs lorsqu'elle a mis en place un cadre général
d'étiquetage, et elle élabore actuellement des règles
de mise en oeuvre détaillées dans ce domaine. Elle étudie
également le cadre à mettre en place pour la production
d'aliments non génétiquement modifiés, cadre auquel
les producteurs pourraient adhérer volontairement, comme dans le
cas de l'agriculture biologique.
Votre recommandation relative aux pratiques commerciales équitables
soulève un certain nombre de questions importantes et intéressantes.
Elle s'écarte de la vision traditionnelle du commerce international.
Nous accueillons favorablement les principes que vous avez formulés
et serions intéressés de voir comment vous envisagez de
les mettre plus concrètement en oeuvre.
Je salue votre recommandation concernant les inspections, car je constate
qu'elle va dans le même sens que le livre vert de la Commission
sur la législation alimentaire et que la communication de la Commission
sur la santé des consommateurs et la sûreté alimentaire,
tous deux publiés en 1997. En ce qui concerne le commerce électronique,
vous avez pré |