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Intervention de Rhoda Karpatkin
Rhoda Karpatkin
Présidente de l'Union des Consommateurs des Etats-Unis (US Consumers Union)
Merci. Je suis très consciente d'être la septième
intervenante ce matin et j'admire votre patience. Je tâcherai d'être
brève.
Lors de notre première réunion à Washington l'année
dernière, plusieurs personnes doutaient de la réussite de
l'entreprise et pour cause. A l'époque, une organisation transatlantique
des consommateurs était sans précédent. Aux Etats-Unis
les groupes de consommateurs ne disposaient d'aucun processus pour résoudre
leurs différences. Ralph Nader nous a adressé des paroles
très dures au commencement du premier Dialogue. Or, si ces doutes
étaient justifiées à l'origine, c'est le moment venu
de les mettre de côté.
Comme vous vous en apercevez, le Dialogue Transatlantique des Consommateurs
est bien établi.
Les Américains dans le TACD ainsi que les membres du Comité
Directeur, représentent un large éventail de consommateurs.
Aujourd'hui que nos tentatives d'organisation ont porté fruit,
nous voulons voir les résultats de notre participation. Nous sommes
donc en droit de mettre les gouvernements à l'épreuve et
d'observer s'ils tiennent leurs promesses. Nous voyons et nous apprécions
les evidences matérielles du Dialogue: nous voilà tous réunis
dans une même salle en train de discuter ensemble. Mais qu'est ce
que cela veut dire? Je voudrais poser quatre questions importantes aux
gouvernements:
- Quelles seront les conséquences de leur participation? Les
représentants des organisations mondiales, vont-ils modifier
leur comportement ou changer leur façon de parler pour intégrer
le point du vue du consommateur à leurs mandats? J'ai écouté
très attentivement, par exemple, le discours sur les OGM prononcé
par le représentant 'Adjoint Commercial des Etats-Unis, Susan
Esserman. Je ne l'ai peut-être pas remarqué mais à
ma grande déception, je n'ai vu aucun signe qu'elle reconnaisse
ou qu'elle respecte le point de vue du consommateur sur les OGM. C'était
un test critique car le sujet va droit au coeur de notre rôle
ici.
- Dans son discours à l'occasion du 50e anniversaire
de l'OMC en mai 1998, le Président Clinton fit la déclaration
suivante: `L'OMC fut crée pour élever la qualité
de vie du commun des mortels et nous devrions l'écouter'.
Il ajouta: `Nous devons élaborer un système d'échanges
pour le 21e siècle qui respecte nos principes tout
en élargissant l'éventail des opportunités. Nous
devons multiplier nos efforts pour assurer que cette nouvelle économie
élève la qualité de vie mondialement ... Et il
s'agit de niveler par le haut et non par le bas'. Il refusa, `une
course débridée vers le minimum de protections environnementales,
de protection du consommateur et de normes de travail'. Comment les
gouvernements proposent-ils de mettre en oeuvre ces recommandations
au cours du 21e siècle ou même pendant les
quelques mois qui nous restent du siècle actuel? Quels démarches
concrètes vont insuffler des forces aux paroles irresistibles
du Président?
- Par leur présence ici aujourd'hui, l'UE et les Etats-Unis
confirment leur soutien au TACD. L'année dernière ils
démontrèrent leur soutien en finançant la création
du Dialogue des consommateurs. Aujourd'hui nous brulons tous de savoir
s'ils vont manifester leur soutien de la continuation de ce Dialogue
en fournissant les fonds nécessaires. Nous avons déjà
la réponse de l'UE. Quelle sera celle des Etats-Unis? Aucun
Dialogue n'est possible sans l'aide financière des organisations
aux Etats-Unis qui veulent et qui dépendent du soutien du Secretariat
pour fournir l'infrastructure nécessaire. Quelle est la personne
dans le gouvernement des Etats-Unis responsable de garantir cette
continuation? Quelles mesures vont être prises, et qui répondra
des actes du gouvernement? Nous attendons les réponses.
- Pendant cette réunion nous verrons l'investissement considérable
de la part des groupes de travail. Tous les conférenciers ce
matin ont rendu hommage au travail déjà accompli qui
représente l'aboutissement important des délibérations
du TACD sur des questions bien spécifiques. Les résultats
seront consignés par écrit et il importe de savoir que
ces écrits seront considérés par les instances
gouvernementales appropriées? Comment surveiller l'évolution
et la transformation des politiques gouvernementales suite à
notre travail? Allons nous voir, comme le souhaite le Président
Clinton, une reconstitution de la politique gouvernementale du commerce
pour intégrer les exigences du consommateur, de l'écologie
et de la main d'oeuvre? Et cette reconstitution s'appliquera-t-elle
aux questions épineuses identifiées par le Dialogue
Commercial (Transatlantic Business Dialogue) comme ces propres problèmes
clefs et qu'il a su imposés jusqu'ici?
A ce jour, la politique commerciale a été comme un terrain
de sport avec un seul joueur - l'industrie, avec parfois le gouvernement
comme partenaire vituel. Pourtant, les groupes de consommateurs ont été
encouragés par les démarches des gouvernements à
créer un terrain différent, avec peut-être plusieurs
joueurs. Nous mêmes, lors de réunions diverses, nous avons
été encouragés par plusieurs de nos discussions avec
les gouvernements. Nous pouvons qualifier tout cela de débuts prometteurs
sur un acheminement sans doute important vers une prise de politique.
Maintenant il s'agit d'aller plus loin. Nous avons démontré
l'engagement des consommateurs à ce processus. Nous espérons
pareil engagement de la part des gouvernements concernés.
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